La voiture de police en flammes / France Inter

L’image a fait la Une de toute la presse. La violence de l’agression des casseurs explique évidemment cette intense couverture médiatique, mais ce n’est pas la seule raison. Et il faut se méfier des flammes, qui sont aveuglantes.

Article originalement publié par France Inter. Source : La voiture de police en flammes / France Inter. A écouter en podcast, ou bien à lire :

Ouverture du 20h de TF1 et de France 2, photo en Une du Parisien et du Monde, images visionnées plus de 5 millions de fois en 24h sur les réseaux sociaux… La voiture de police incendiée par des casseurs avant-hier quai de Valmy à Paris, a fait l’objet d’une intense couverture médiatique. Pourquoi ?

Avant tout bien sûr, parce que ces images sont… sidérantes de violence ! Les agresseurs veulent détruire le véhicule et « casser » du policier ! On a l’impression d’être, pour partie dans un film d’action américain de série B, pour partie dans un pays en guerre civile, façon Irlande du Nord il y a quelques années. Sauf que nous sommes à Paris en 2016.

Il y a donc une… sidération, un peu comme lors des attentats de novembre dernier, toutes proportions gardées. D’autant que les faits se passent dans le même quartier. Et puis… il y a les flammes ! Le feu, c’est spectaculaire, donc le succès médiatique est garanti. C’est même… hypnotique ! Des études américaines démontrent que certains Internautes sont fascinés par de telles images qu’ils regardent en boucle. On surnomme cela le « riot porn », le « porno de l’émeute »… Enfin les flammes, c’est l’inconscient collectif, voire religieux : pêle-mêle l’Inquisition, le bûcher, Jeanne d’Arc.

Lassitude journalistique

L’ultra violence n’est pas le seul paramètre qui explique la « viralité » de ces images… Ajoutons en effet au moins trois autres éléments :
  • la temporalité des faits : ça se passe à la mi-journée, idéal pour une forte couverture dans les JT et dans la presse écrite du lendemain
  • la symbolique de la scène : de « simples flics » dans une voiture banale, une Renault Scenic, impuissants et gardant heureusement leur calme, face à une poignée de casseurs déchaînés. Un combat inégal.
  • Enfin 3 : la lassitude journalistique sur les manifestations contre la loi travail. La mobilisation est stagnante. La presse ne sait donc plus comment renouveler ce sujet, et se focalise sur le fait nouveau depuis 3 semaines, l’ultra violence.

La dictature de l’émotion

Le problème des flammes, c’est qu’elles sont aveuglantes… D’abord, elles peuvent laisser penser que les casseurs, soudain, « régneraient sur la ville »…En réalité, quand on visionne attentivement toutes les vidéos de la scène, on n’identifie que 3 ou 4 casseurs. Et… trois fois plus de photographes ou de vidéastes qui immortalisent le moment ! Il s’agit donc bien d’ultra violence, mais…ultra-médiatisée, et ultra-minoritaire.

Or multidiffuser ces images, c’est faire le jeu de ces black blocs extrémistes ! Ils utilisent le principe de la terreur : choisir une cible spectaculaire, pour un écho le plus fort possible. Avec l’espoir de déclencher une réaction de répression radicale qui légitimera en retour leur propre violence. Essayons, comme ces deux policiers, de conserver notre sang-froid.

La dictature de l’émotion est rarement bonne conseillère.

Les Trolls internet

Le terme « troll » désigne, dans le jargon de l’internet, un personnage malfaisant dont le but premier est de perturber le fonctionnement d’une discussion (sur un forum, un réseau social, dans les commentaires d’un article) en multipliant les messages sans intérêt (ou, plus subtilement, en provoquant leur multiplication). Et selon wikipedia, « troller », c’est créer artificiellement une controverse qui focalise l’attention aux dépens des échanges et de l’équilibre habituel de la communauté.

Le tableau ci-joint présente de manière synthétique la majorité des coups qu’un troll utilise.

lf_013_le_bingo_du_trollIl existe deux grands types de trolls, n’ayant ni les mêmes origines, ni les mêmes finalités :
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Arguments Rhétologiques Fallacieux | Information is Beautiful

Une liste claire et précise des faux arguments qui peuvent être utilisés dans un discours. Ces types d’arguments, en apparence corrects, sont en fait des erreurs de logique, ou bien des arguments de mauvaise foi, qui peuvent donc mener à vous persuader de choses fausses.

Exemple : le Faux Dilemme = ne présenter que deux options comme étant les seules possibles à choisir, alors qu’il peut exister d’autres solutions entre les deux. Par exemple, Georges W Bush a dit un jour dans un discours à propos de la guerre en Irak des USA : « Ou vous êtes avec nous, ou bien vous êtes contre nous. » On peut bien sûr ne pas être d’accord pour faire la guerre en Irak aux côtés des USA (« avec nous« ), sans être un ennemi des États-Unis (« contre nous« ). La diplomatie, les politiques internationales, bien d’autres choix sont possibles.

Source : Arguments Rhétologiques Fallacieux | Information is Beautiful1276_rhetological-fallacies_fr